Les origines de la guerre en RDC dans la région du Kivu

Par Konex

Résumé des origines de la guerre en RDC dans la région du KIvu
(première partie)
Introduction

La situation actuelle en RDC, dans la région du Kivu, découle de plusieurs conflits qui ont eu lieu depuis une vingtaine d’années dans la région des grands lacs africains. Ces multiples conflits sont liés les uns aux autres. De nouveaux seigneurs de la guerre prennent la relève de ceux qui accèdent au pouvoir. Cette courte présentation tente de résumer une situation très complexe. Ce que nous désirons souligner est que ces conflits ont engendré une culture de la guerre. Cette culture est un frein au développement démocratique et économique de cette région pourvue d’immenses richesses naturelles et humaines. La désorganisation et la multiplication des conflits engendrent malheur et pauvreté.

L’émergence  : les rebelles contre le dictateur, Ouganda, 1986.

Museveni le rebelle des années 1970 devient le président de l'Ouganda en 1986

Museveni le rebelle des années 1970 devient le président de l

Yoweri Museveni, ougandais d’origine, recrute et organise une force armée de 6000 hommes aux frontières de la Tanzanie, du Rwanda et de l’Ouganda. En 1986, la guérilla de Musevini, au tiers composée de Tutsis ougandais ou de Tutsis exilés du Rwanda, compose l’élite de la force qui renverse le président élu Obote. Parmi ces militaires d’origine rwandaise, plusieurs occuperont par la suite de hautes fonctions dans la nouvelle armée ougandaise. Paul Kagame est chef de la Sécurité. Museveni devient président de l’Ouganda et son officier de confiance Paul Kagamé participe à la fondation du FPR pour ensuite attaquer le Rwanda.

L’Offensive du FPR sur le Rwanda  de 1990 à 1993.

En 1990, le FPR lance une offensive sur le Rwanda avec à sa tête Paul Kagamé. La force rebelle regroupe des Hutus et des Tutsis, elle se bat contre le régime du parti unique du président du Rwanda Juvénal

Le rebelle Kagamé de 1990 deviendra président du Rwanda en 1996

Le rebelle Kagamé de 1990 deviendra président du Rwanda

Habyarimana. En 1990, les distinctions ethniques ne sont pas un enjeu dans la région.  Kagamé intègre des hutus dans sa force combattante de la même manière que des Tutsis servent dans l’armée gouvernementale du Rwanda. Cependant, les combats entre l’armée rwandaise et les rebelles ougandais du FPR, et le climat d’insécurité qui en découle, font renaître les tensions ethniques au sein des forces combattantes et de la population civile.
Néanmoins, suite à des pourparlés, les Hutus de l’opposition et les Tutsis conviennent qu’ils luttent contre le régime à parti unique du président Habyarimana et souhaitent une pluralité de la représentation démocratique.  En 1993, le président rwandais signe les accords d’Arusha et consent au multipartisme au Rwanda. Les nouveaux accords permettent des élections libres. C’est la fin politique de la dictature au Rwanda et du même coup, le FPR a gagné au point de vue politique. Les concessions de Habyarimana permettent au FPR d’intégrer le Rwanda.
La tengente ethnique de 1993. La Bombe du Burundi
Melchior Ndadaye, premier président élu démocratiquement est assassiné 4 mois après son assermentation

Melchior Ndadaye, premier président élu démocratiquement est assassiné 4 mois après son assermentation

Le 1er juin 1993, Melchior Ndadaye, un Hutu, remporte, dès le premier tour, la première élection présidentielle au suffrage universel de l’histoire du Burundi, en ayant obtenu 64,79 % des suffrages. Le Burundi est un pays composé aux proportions ethniques similaires à celles du Rwanda, 90 % Hutus, 10 % Tutsis. Le premier président hutu élu démocratiquement ne fait pas 4 mois. Melchior Ndadaye est assassiné et de nombreuses personnalités politiques hutues perdent la vie au cours d’un coup d’État sanglant dans la nuit du 20 au 21 octobre 1993. Ce coup de force va déchaîner des violences inter-ethniques dans tout le Burundi, déclenchant une guerre civile, qui fera, selon les estimations, entre 50.000 (chiffre avancé par la Commission internationale d’enquête des ONG) et 100.000 morts.  Ces 50 000 à 100 000  victimes au Burundi passent inaperçues pour ce qui est de la communauté internationale mais ils influencent la construction de la politique intérieure du Rwanda. Les Tutsis du Burundi dominent la sphère publique et l’armée et se livrent impunément à la répression des hutus.

La préparation du génocide au Rwanda.

En 1993, les Hutus et Tutsis croyaient à la naissance de la démocratie en leur pays. Cependant, le coup d’état d’octobre 1993 contre le premier président Hutu du Burundi laisse un goût amer dans la bouche des Hutus dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. C’est l’étincelle qui allume le feu des haines ethniques. Les Hutus rwandais appréhendent une dictature des Tutsis qui contrôlent déjà l’Ouganda au nord, et le Burundi au sud. Le coup d’état sanglant du Burundi révèle la fragilité du processus démocratique car la

Carte de la région des Grands Lacs - Afrique

Carte de la région des Grands Lacs - Afrique

communauté internationale ne réagit nullement à la situation au Burundi et aux milliers de morts. Le Hutu power devient convaincu que la région est oubliée par la communauté internationale. Il y a mise en place d’un plan pour exterminer la menace Tutsi et les opposants du régime Habyarimana.

Le 6 avril 1994, le président du Rwanda et le nouveau président hutu du Burundi, élu démocratiquement, perdent la vie lorsque leur avion est abattu par des membres du FPR. C’est le début du génocide.

Ces événements et les forces en présence vont par la suite déstabiliser le Congo (RDC).  Cet article sera publié bientôt.

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Konex

La suite à suivre bientôt

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