Carnet de voyage : Cuba, Playa Giron, Baie des cochons.

Carnet de voyage : Cuba, Playa Giron, Baie des cochons.

Un centre touristique hors des grands réseaux.

Dès mon arrivée à l’aéroport de Varadero, l’agent touristique de TMR me réfère un taxi car je suis seul à me diriger vers cette destination. Je vais immédiatement échanger mes dollars canadiens pour les CUC et monte dans le taxi.  La marée de québécois n’a pas encore rejoint les bus que notre Skoda Octavia roule déjà vers le sud. J’ai deux heures et demi à passer avec mon chauffeur cubain.  Alors, il est temps d’échanger un peu.

Maoim, le chauffeur, est très fier de sa Skoda qui affiche 345 000 kilomètres en trois ans. Pas une réparation selon ce qu’il dit alors qu’il contourne des nids de poules. Cette portion de route ressemble fortement à ce que l’on retrouve à l’occasion au Québec. Nous nous faisons asphyxiés par de vieux Fords qui crachent une fumée noire.  Nous dépassons des charrettes à chevals, des skooters et des cyclistes. Cette route est un véritable feu croisé de dépassements où se mélangent cinq décennies de modèles de voitures et de camions et quatre continents de constructeurs automobiles.  Ce qu’ils ont en commun est de laisser une fumée très parfumée de pétrole.

Je note que les piétons et les cyclistes prennent leur espace sur la route et ne se sentent pas menacés par le trafic des véhicules. C’est qu’à Cuba la loi criminalise les chauffeur qui frappent un piéton.  Alors, un conseil aux Montréalais, ne louez pas de voiture à Cuba car vous pourriez vous retrouver dans la shnout.

Tout le long de la route, il y a des cubains qui tendent le pouce.  J’informe Maoim qu’il peut prendre des gens aux passages ;  « on peut les aider ».  Très professionnel, mon chauffeur de taxi poursuit son chemin. Je ne reviens pas sur le sujet.  Je laisse aux cubains de choisir ce qui se passe à Cuba.

Alors, tout au long de notre route, nous assistons aux grimaces de jeunes cubaines offensées de voir ce taxi occupé par une seule personne. Et quelles grimaces, elles faisaient tout un spectacle.  Cela me rappelle Kigali alors que j’empruntais les taxi communs et que l’on s’assoyait les uns sur les autres. J’avais assis un vieil homme sur mes genoux pour le trajet d’une heure. Mais à Cuba, c’est le privilège du touriste. De plus que je ne parle pas un mot d’espagnol.

Nous avons quitté le trafic de Varadero et traversons la campagne avec ses plantations de bananes, de cannes à sucre, d’oranges et ses fermes d’élevage. Nous traversons aussi quelques agglomérations comme Caonos, San Jose de Marco ou Coliseo.  Ça ressemble beaucoup à  l’Afrique d’il y a 20 ans, comme si Cuba avait échappé au passage du temps. J’apprends aussi que Maoim, père de trois enfants, partage son taxi avec un autre chauffeur. La majorité des emplois à Cuba sont partagés, Maoim travaille 2 jours et chôme deux jours comme beaucoup de cubains. Il est un enfant de la province de Matanza et nous passons par son village natal. Il est radieux et très heureux de me montrer son école. Sa femme et ses trois enfants, ainsi que ses parents y partagent une grande maisons où chacun a une pièce.  Maoim prend son cellulaire et me montre les photos de sa famille.  Je lui réponds que je n’ai pas de photos car elles sont dans mon cellulaire et qu’il est resté au Canada. Pour gagner sa vie, Maoim demeure à Varadero loin de sa famille et les moyens de transport ne lui permettent pas d’effectuer couramment les 100 kilomètres qui le séparent de son village natal.

Tout bon chauffeur de taxi a un pied entre deux mondes, il passe de l’un à l’autre.  Les taxis sont des passeurs… Alors, à une halte de taxi, il va prendre une pose pipi.  De belles jeunes femmes déambulent le long du taxi. Il me dit à son retour « one for me, one for you ».

« Hé, I’m the tourist, two for me « . « Ok I’m jokking, half and half ». I have a girlfriend ».

Quelques rires et le taxi reprend sa route en laissant les belles jambes cubaines dans les rétroviseurs. Nous traversons une forêt qui appartient au patrimoine mondial de lUNESCO et un centre d’élevage de crocodile. C’est l’occasion d’une blague capitaliste de ma part : eat or be eaten…  mais bon avec les gestes on se comprend et on réfléchit. Je lui fait comprendre que j’ai déjà mangé du crocodile et ça m’intéresse pas.

La Station Playa Giron

Ma maison à la Playa Giron

Ce lieu de villégiature est composé d’un complexe central où on retrouve réception, bar, piscine, cafétéria, une boutique, coffret de sûreté  et hall. Les services complémentaires sont aléatoires selon le moment de la saison touristique. Une centaine de petites maisonnettes sont réparties aux alentours du complexe et sont surveillés par des guetteurs.  Cette zone est inaccessible aux cubains.  Cependant, la plage et l’extérieur du complexe appartiennent à la vie des cubains. Alors, ce n’est pas comme à Varadero où les cubains viennent travailler en zone touristique ; à la Playa Giron, la zone touristique est implantée au coeur de la vie cubaine.

Lorsqu’on arrive à la Playa Giron, on se sent loin de chez soi car ce lieu semble triste et à l’abandon, surtout si on arrive un jour de pluie. Alors, dites au revoir au stress de la vie quotidienne car ce lieu est parfait pour décrocher, surtout si vous aimez le snorkeling et la plongée. La lecture sur la plage est fort agréable. Une visite du village permet de constater et de partager  la réalité de la vie cubaine. La bonne humeur et l’accueil des employés de l’hotel vous réconforteront. Certains soir il y a des orchestres avec de bons musiciens. Je me suis rapidement senti chez moi.

Je me suis arrêté au village pour discuter avec un ouvrier masson qui séparait la roche des sédiments. Il ressemblait à un vieillard. Il me racontait en espagnol que les roches étaient pesantes. Il y avait trop de roches pesantes et pas assez de sable pour couler le béton. Je ne parle pas espagnol mais je comprenais sa situation. Cet homme devait accomplir un difficile labeur, presque impossible. Il ne pouvait pas couler un bon béton avec les matériaux qu’on lui avait fournis.  En effet, Cuba a été touché par de forts ouragans au cours des dernières années. Il faut reconstruire, cela aussi malgré l’embargo

Le paradis des plongeurs

La Playa Giron abrite un  Centre international de plongée où vous trouverez un excellent « maître de plongée »  en la personne de Renel et des guides-instructeurs compétents comme Guillaume qui parle bien le français. Soyez à l’heure car le bus part à 9H00 le matin. Ce sont des pros, alors, les instructions sont claires, les plongées

Le centre international de plongée à la Playa Giron, Cuba

planifiées et les délais très bien respectés. Tout cela dans le calme, la joie et la détente.

Les sites de plongée

Les sites de plongée sur la rive  sont nombreux et donnent sur la barrière de

Carte des lieux de plongée dans la Baie des Cochons

corail. La Baie des cochons est une zone à l’abri des aléas de la mer des Caraïbes  alors il y toujours un lieu où plonger. La diversité de la faune et de la flore marine est un spectacle pour les yeux. Sur le site de EL Tanqué nous avons déniché deux Poissons Lions et une murène. Il y a tant à voir et la difficulté est de nommer les poissons (le nom local, ou bien en espagnol, ou bien en anglais , ou en français, ou en latin).

Le centre offre un service de navette (5 cuc), une initiation à la plongée (10 cuc ) et aussi la certifictaion internationale (385 cuc). Il en coûte seulement 25 cuc par plongée, équipement et instructeur  fourni, durée de 45 à 50 minutes, et ce dans l’un des plus beau site de plongée.

Préparation de la plongée à El Tanqué, Baie des Cochons, Cuba

Renel le "diver master" relaxe entre deux plongées avec le chauffeur du bus

Le bus des plongeurs de la Playa Giron

Susan Boyle représente-t-elle un changement dans nos valeurs.

Je suis ému par la performance de Susan Boyle. Sa voix est magnifique et elle représente un personnage authentique, reflet d’une vie ordinaire. Elle cache un immense talent, un don, une voix extraordinaire qui chante le mouvement profond de la mutation de nos sociétés.

Depuis des décennies, les médias ont construit des modèles quelque peu artificiels de l’artiste. Ces modèles ont créé une industrie de la consommation et de la transformation personnelle. Susan Boyle ne participe pas à cette voie qu’on lui impose. Elle se contente de vivre sa petite vie.

L’approche mercantile de l’idéologie du capitalisme a fortement influencé le développement de l’art, de la chanson et du statut d’artiste. L’industrie des arts crée des critères de beauté et d’esthétisme très éloignés de la condition humaine ordinaire. Susan Boyle représente une femme très ordinaire. Elle représente ce que la femme ne veut pas être car les médias nous ont dicté ce qu’était la beauté.

L’industrie des arts exige des facteurs de changement pour celles qui désirent exprimer leur art. Les artistes ont besoin de coiffeuse, esthéticienne, entraîneur, guru, mode, architecture, réseautage et de réseau de diffusion. Susan Boyle n’a rien de tout cela mais elle sait nous charmer par sa voix.

En fait, je pose une question : Susan Boyle est-elle si laide. Ne reflète-t-elle pas une certaine beauté ? Une beauté telle que les peintres romantiques la dessinait au 19e siècle.

Les starlettes modernes ne portent-t-elles des masques, adoptent des attitudes pour être des ouvrières de la chanson en échange du salaire d’une gloire médiatique. Susan Boyle offre sa voix et nous montre que l’on peut rêver tout en demeurant soi-même.

Il y a environ 4 ans, une jeune femme du Québec ressamblant quelque peu à Susan Boyle  a participé à un concours similaire et elle a gagné malgré tout. Cependant, d’énormes efforts ont été fait pour travailler le look de Marie Hélène Thibert, sa voix singulière est tranquilement tombée dans l’oubli.  Elle a intégré malheureusement l’autobus du showbusiness.

Certes, le système artistique va tenter de  modifier l’authenticité  de Susan Boyle afin d’en faire un produit industriel de l’art. Cependant, de plus en plus l’art reprend sa place dans le quotidien et l’âge mature de la chanteuse lui permettera peut-être de résister.

L’art de la chanson est fait pour les gens ordinaire et par les gens ordinaire et il procure  à tous un moment extraordinaire. C’est l’art qui est extraordinaire, non ceux qui le produise.

Peinture : Initiation chamanique par Konex

 

Le voyage chamanique

Le voyage chamanique

Titre : Initiation chamanique

Acrylique sur toile de coton brut

95 cm X 155 cm

Année de production :1999

 

Description du projet

En 1998, j’ai déposé un mémoire de maîtrise sur les rapports entre l’acte de création littéraire et les rites initiatiques et plus particulièrement avec les rites de type chamanique.

L’approche que j’ai utilisée repose sur des recherches liées aux disciplines de l’anthropologie et de la littérature. Je me suis attardé plus particulièrement à l’approche proposée par les recherches de Simone Vierne du  Centre de recherche sur l’imaginaire de l’Université de Grenoble.

La symbolique chamanique

La symbolique chamanique

Les études universitaires terminées, j’ai poursuivi ma création en explorant le domaine de la peinture et y ai appliqué les processus de création développés au cours de ma maîtrise en littérature.

Les rapides percées technologiques des dix dernières années ont bouleversé les relations entre l’image et le texte, ce qui occasionne un changement au coeur du processus d’interprétation des signes et des processus de signification. 

Ma recherche actuelle en art explore la dynamique imaginaire et symbolique de l’image dans le cadre d’un tableau. 

Mes créations stimuleront certainement votre imaginaire.

Ensemble du tableau

Ensemble du tableau



Notes sur l’oeuvre

Ce tableau représente une initiation chamanique. La forme de la toile ressemble à la peau d’une bête. Uniquement des couleurs ôcres ont été utilisées pour établir une correspondance avec les fresques rupestres.

J’ai utilisé des symboles de toutes les époques et les cultures, selon mon inspiration, pour marquer l’universalité du processus de l’initiation chamanique.

Cet oeuvre est le récit d’une initiation chamanique. Chacun peut lire la toile comme il la comprend. Il n’y a pas de clef de lecture. C’est de l’inspiration pure.

Je me suis inspiré de mon voyage et de mes relations que j’ai tissées avec le continent africain. Certes la culture autochtone a influencé ma création. J’ai cependant cherché à m’approprier d’une façon personnelle ces influences pour éviter d’en faire une caricature idéologique.

Cette oeuvre n’a jamais été mise en vente étant donné son aspect sacré. Je suis un artiste qui crée peu mais de manière significative. La majorité des oeuvres sont achetées par les amis évidemment et ne peuvent se rendre aux expositions. Je n’expose pas. Je n’ai fait que trois expositions. Cette oeuvre a fait toutes les expositions et n’a jamais été vendue ou offerte.

Les expositions 

Tam-tam Café en 2000 : Un agent d’artiste a passé trois jours à boire du vin en contemplant les oeuvres. Il voulait acheter l’exposition au complet mais il ne pouvait pas payer quelques milliers de dollars comptant. Peut-être que l’argent des artistes qu’il représentait est passé en vin. De toutes façons, les tableaux intéressants disparaissaient déjà. J’ai presque donné des oeuvres à des amis. Et j’ai refusé à d’autres… avec un peu de regret. Le prix est l’amour de l’art.

La Barberie en 2000 : De belles toiles sont parties pour peu d’argent. Cependant, ce qui est intéressant est de constater que les toiles sont toujours affichées en évidence dans les salons. Elles ne perdent pas en signification.

Le vol chamanique s'effectue dans les rêves

Le vol chamanique s

Le scanner en 2000 : Ce lieu utilisait les lancements d’artiste pour se créer une clientèle. On promettait quasiment la présence des caméras de la tv. Face à une telle attitude, je n’ai invité personne si ce n’est qu’un ami qui avait manqué les autres expositions. J’avais exposé tout ce qu’il y avait de plus horrible car il ne me restait que peu de toiles à exposer. Je n’ai fait que boire les bières de ce profiteur d’artiste sans amener aucune clientèle. Un magnifique flop. Je n’avais rien à vendre et c’était l’occasion de jaser avec un ami.

 

Je vais vous présenter sur ce site les oeuvres passées. Et celles à venir. Mais ce n’est pas un site d’artiste.

Rwanda, mes compagnons d’écriture

L’écriture de La salière de Pemba me replonge dans le Rwanda que j’ai connu, avant que le sang et la haine souillent l’ôcre de mon pays d’accueil.

Je vous présente les compagnons qui inspirent l’écriture du récit de Pemba. Ce sont des sculptures que j’ai rapportées de mon séjours au pays des milles collines.

Rwanda, sculpture par Batwa

Le sage est une sculpture que j’ai acheté à un Twa venu vendre des poteries à Rwamagana. Il ne voulait pas vendre la sculpture, elle lui servait de conseillé, mais quelques heures de négociations et de simagrées ont permis de mettre la main sur cette magnifique sculpture.

Elle représente la sagesse, la pensée, la méditation et l’assurance d’un point d’appui dans la vie. Si dieu existe, il pourrait facilement s’incarner dans cette sculpture.

Elle est taillée dans un bois difficile à sculpter et très très léger. Le socle est arrondi ce qui fait que la sculpture réagit à la moindre vibration du sol. Elle est en équilibre sur son socle et une brise peut la faire vasciller.

Cela fait 20 ans que nous partageons notre vie. Il est incroyablement rassurant de se tourner vers cette sculpture pour échanger quelques pensées. C’est elle qui me dicte l’écriture.

La porteuse représente la condition de la femme au Rwanda. C’est sur ses frèle épaules que repose la continuation de la vie. Les femmes rwandaises ont une vie difficiles mais elle réagissent comme des soleils et illuminent.

Cette statut m’a été offerte par le ministre rwandais de la jeunesse et de la coopération lors d’une soirée bien arrosée à l’hôtel des Milles collines.

À cette époque, (1988) le Rwanda tentait de sortir de sa sécularité pour s’ouvrir au monde. Nos discussions étaient empreintes d’espoirs, de projets de développement et de fraternité.

Vingts ans plus tard, à l’occasion, je me pose la question si je n’ai pas fraternisé avec des génocidaires. Ma réponse est que la majorité des rwandais que j’ai rencontré étaient des êtres plein d’espoir et d’ouverture.

Je n’ai pas de difficulté à identifier 2 ou 3 rwandais comme de futurs criminels, ce qui représente à peine 1 % des rwandais que j’ai rencontré.

La fête traditionnelle

Ce tableau en relief décrit une fête traditionnelle. Il m’a été offert par Casimir, un très bon ami. Nous nous sommes liés d’amitié. Il a rapidement reconnu que j’étais un ancien militaire. J’avais 19 ans et venais de sortir de 9 mois d’entaînement dans la réserve et à l’école de Police militaire.

Casimir travaillait au Parquet, l’équivalent d’un enquêteur de police municipale. Alors, nous avons rapidement tissé une amitié solide malgré la santé défaillante de mon ami.

Avec Casimir, j’ai eu accès aux pagottes, aux bars clandestins, aux cabarets de brousses. Nous sommes aller voir les roches fondatrices des premiers seigneurs Mwami près de Rwamagana. Nous avons fait des escapades en mobilette jusqu’aux limite de l’Akagera. Il m’a remis ce tableau, sortit de la case de sa mère. En échange, plus tard, je lui ai remis des médicaments en espérant qu’il survive à l’ulcère qui le terrorisait.

Mes amis me suivent à travers les souvenirs qu’ils m’ont laissé, la mémoire de leur vie, de leur pays. Avant que ne s’abattent les germes de la haine.