Recette de bananes plantains, Rwanda, Afrique

Les haricots et les bananes plantains

Les haricots et les bananes plantains

Voici le plat que je préférais lors de mon séjour au Rwanda: les bananes plantains.

C’est un plat délicieux, soutenant et assez facile à préparer. Il est toutefois assujetti au cycle des saisons. Alors, on ne mange ce plat à tout moment. Il est disponible selon le rythme du mûrissement des plantations de bananes.


Souvenir de voyage en 1988

Ce plat m’a été offert par une famille rwandaise. Vincent, un apprenti poseur de brique travaillait avec moi dans un chantier à Rwamagana. Il était un garçon sensible. honnête et curieux. Vincent vivait avec sa mère et sa soeur dans une petite case au coeur de la bourgade de Rwamagana. Sa mère était souffrante et déjà très vieille pour ses 40 ou 50 ans. Sa soeur avait mon âge, 19 ans à l’époque. Elle souffrait d’une maladie de la peau, son visage était couvert de pustulles. Le modique salaire de Vincent servait à nourrire la famille.

Fendre les bananes sur la longueur et couper en rondelles.

Fendre les bananes sur la longueur et couper en rondelles.

Ce soir là je sortais d’un cabaret de Rwamagana, le Greenwitch Méridien, nom inspiré par ce lieu qui sépare le temps international. J’avais bu de la bière de banane (urwagwa) pendant quelques heures dans cet espace fermé en compagnie de rwandais de toutes conditions.

À ma sortie du cabaret, Vincent m’a invité dans sa famille. Ils ont préparés le repas et Vincent a dépensé quelques francs pour amener de l’urwagwa à la maison. Cette famille démunie m’a reçu et nourrit avec les meilleurs plats du moment malgré leur pauvreté évidente.

Je retiens la dignité de cette famille et l’humilité de cette amitié avec Vincent. Je lui doit un respect immense. Merci à Vincent et à sa famille pour l’accueil incroyable qu.ils m’ont fait. Malgré le génocide et les guerres, je retiens du Rwanda que c’est un pays de vie et d’amitié. Et je vous invite à embarquer dans cette pirogue sur le lac Muhazi.

La recette

Ingrédients
  • 4 bananes plantains et plus, bien mûres ( noir et jaune)
  • Des oignons, le quart des bananes
  • Des tomates, le tiers des bananes
  • De l’huile de canola ou autre, pour couvrir le fond de la casserole
  • Du pilipili (piment fort) au goût.
Les étapes
  1. Enlever la pelure des bananes plantains. (Les bananes ordinaires ne servent à rien. Alors, il faut de la banane plantain bien mûre.) Pour ce faire, avec un couteau, fendre la peau sur la longueur de la banane et la dévêtir de sa pelure.
  2. Couper la banane en rondelles de 3/4 de pouce.
  3. Utiliser un chaudron sur un feu de faible à moyen. En Afrique on utilise ce que l’on a sous la main. La majorité des plats se cuit sur un feu de bois. Alors, on s’adapte aux circonstances. Faut pas faire brûler et laisser mijoter…
  4. Mettre l’huile de canola dans le fond de la casserole.
  5. Faire revenir l’oignon jusqu’à ce qu’il dégage une odeur d’oignon en début cuisson. Ne pas faire rôtir.
  6. Ajouter les bananes et remuer aux 15 minutes.
  7. Ajouter les tomates lorsque les bananes commencent à se désécher, 10 à 20 minutes
  8. Le jus des tomates devrait alimenter les bananes en liquide pour éviter qu’elle rôtissent. Sinon, ajouter un peu d’eau ou de bouillon.
  9. La cuisson peut prendre de 1 heure à 3 heures selon le mûrissemnt des bananes et la variété et selon la constance du feu.
  10. En Afrique, le repas du soir n’est pas toujours au rendez-vous. Alors, on laisse mijoter et on surveille pour que les bananes ne manquent pas d’eau. Si ce n’est pas à votre goût, dites-vous bien qu’il n’y a rien d’autre à bouffer. C’est pour cela que les femmes africaines sont d’excellentes cuisinières. Et pour les féministes, les étudiants africains que j’ai rencontré sont aussi d’excellents cuisiniers car ils avaient le soucis d’obtenir du goût. Un repas, ça ne se remet pas.
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Rwanda, mes compagnons d’écriture

L’écriture de La salière de Pemba me replonge dans le Rwanda que j’ai connu, avant que le sang et la haine souillent l’ôcre de mon pays d’accueil.

Je vous présente les compagnons qui inspirent l’écriture du récit de Pemba. Ce sont des sculptures que j’ai rapportées de mon séjours au pays des milles collines.

Rwanda, sculpture par Batwa

Le sage est une sculpture que j’ai acheté à un Twa venu vendre des poteries à Rwamagana. Il ne voulait pas vendre la sculpture, elle lui servait de conseillé, mais quelques heures de négociations et de simagrées ont permis de mettre la main sur cette magnifique sculpture.

Elle représente la sagesse, la pensée, la méditation et l’assurance d’un point d’appui dans la vie. Si dieu existe, il pourrait facilement s’incarner dans cette sculpture.

Elle est taillée dans un bois difficile à sculpter et très très léger. Le socle est arrondi ce qui fait que la sculpture réagit à la moindre vibration du sol. Elle est en équilibre sur son socle et une brise peut la faire vasciller.

Cela fait 20 ans que nous partageons notre vie. Il est incroyablement rassurant de se tourner vers cette sculpture pour échanger quelques pensées. C’est elle qui me dicte l’écriture.

La porteuse représente la condition de la femme au Rwanda. C’est sur ses frèle épaules que repose la continuation de la vie. Les femmes rwandaises ont une vie difficiles mais elle réagissent comme des soleils et illuminent.

Cette statut m’a été offerte par le ministre rwandais de la jeunesse et de la coopération lors d’une soirée bien arrosée à l’hôtel des Milles collines.

À cette époque, (1988) le Rwanda tentait de sortir de sa sécularité pour s’ouvrir au monde. Nos discussions étaient empreintes d’espoirs, de projets de développement et de fraternité.

Vingts ans plus tard, à l’occasion, je me pose la question si je n’ai pas fraternisé avec des génocidaires. Ma réponse est que la majorité des rwandais que j’ai rencontré étaient des êtres plein d’espoir et d’ouverture.

Je n’ai pas de difficulté à identifier 2 ou 3 rwandais comme de futurs criminels, ce qui représente à peine 1 % des rwandais que j’ai rencontré.

La fête traditionnelle

Ce tableau en relief décrit une fête traditionnelle. Il m’a été offert par Casimir, un très bon ami. Nous nous sommes liés d’amitié. Il a rapidement reconnu que j’étais un ancien militaire. J’avais 19 ans et venais de sortir de 9 mois d’entaînement dans la réserve et à l’école de Police militaire.

Casimir travaillait au Parquet, l’équivalent d’un enquêteur de police municipale. Alors, nous avons rapidement tissé une amitié solide malgré la santé défaillante de mon ami.

Avec Casimir, j’ai eu accès aux pagottes, aux bars clandestins, aux cabarets de brousses. Nous sommes aller voir les roches fondatrices des premiers seigneurs Mwami près de Rwamagana. Nous avons fait des escapades en mobilette jusqu’aux limite de l’Akagera. Il m’a remis ce tableau, sortit de la case de sa mère. En échange, plus tard, je lui ai remis des médicaments en espérant qu’il survive à l’ulcère qui le terrorisait.

Mes amis me suivent à travers les souvenirs qu’ils m’ont laissé, la mémoire de leur vie, de leur pays. Avant que ne s’abattent les germes de la haine.