Rwanda, mes compagnons d’écriture

L’écriture de La salière de Pemba me replonge dans le Rwanda que j’ai connu, avant que le sang et la haine souillent l’ôcre de mon pays d’accueil.

Je vous présente les compagnons qui inspirent l’écriture du récit de Pemba. Ce sont des sculptures que j’ai rapportées de mon séjours au pays des milles collines.

Rwanda, sculpture par Batwa

Le sage est une sculpture que j’ai acheté à un Twa venu vendre des poteries à Rwamagana. Il ne voulait pas vendre la sculpture, elle lui servait de conseillé, mais quelques heures de négociations et de simagrées ont permis de mettre la main sur cette magnifique sculpture.

Elle représente la sagesse, la pensée, la méditation et l’assurance d’un point d’appui dans la vie. Si dieu existe, il pourrait facilement s’incarner dans cette sculpture.

Elle est taillée dans un bois difficile à sculpter et très très léger. Le socle est arrondi ce qui fait que la sculpture réagit à la moindre vibration du sol. Elle est en équilibre sur son socle et une brise peut la faire vasciller.

Cela fait 20 ans que nous partageons notre vie. Il est incroyablement rassurant de se tourner vers cette sculpture pour échanger quelques pensées. C’est elle qui me dicte l’écriture.

La porteuse représente la condition de la femme au Rwanda. C’est sur ses frèle épaules que repose la continuation de la vie. Les femmes rwandaises ont une vie difficiles mais elle réagissent comme des soleils et illuminent.

Cette statut m’a été offerte par le ministre rwandais de la jeunesse et de la coopération lors d’une soirée bien arrosée à l’hôtel des Milles collines.

À cette époque, (1988) le Rwanda tentait de sortir de sa sécularité pour s’ouvrir au monde. Nos discussions étaient empreintes d’espoirs, de projets de développement et de fraternité.

Vingts ans plus tard, à l’occasion, je me pose la question si je n’ai pas fraternisé avec des génocidaires. Ma réponse est que la majorité des rwandais que j’ai rencontré étaient des êtres plein d’espoir et d’ouverture.

Je n’ai pas de difficulté à identifier 2 ou 3 rwandais comme de futurs criminels, ce qui représente à peine 1 % des rwandais que j’ai rencontré.

La fête traditionnelle

Ce tableau en relief décrit une fête traditionnelle. Il m’a été offert par Casimir, un très bon ami. Nous nous sommes liés d’amitié. Il a rapidement reconnu que j’étais un ancien militaire. J’avais 19 ans et venais de sortir de 9 mois d’entaînement dans la réserve et à l’école de Police militaire.

Casimir travaillait au Parquet, l’équivalent d’un enquêteur de police municipale. Alors, nous avons rapidement tissé une amitié solide malgré la santé défaillante de mon ami.

Avec Casimir, j’ai eu accès aux pagottes, aux bars clandestins, aux cabarets de brousses. Nous sommes aller voir les roches fondatrices des premiers seigneurs Mwami près de Rwamagana. Nous avons fait des escapades en mobilette jusqu’aux limite de l’Akagera. Il m’a remis ce tableau, sortit de la case de sa mère. En échange, plus tard, je lui ai remis des médicaments en espérant qu’il survive à l’ulcère qui le terrorisait.

Mes amis me suivent à travers les souvenirs qu’ils m’ont laissé, la mémoire de leur vie, de leur pays. Avant que ne s’abattent les germes de la haine.

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