Rapport de situation sur la région du Kivu en RDC

Rapport sur la situation du Kivu en République Démocratique du Congo

Par Konex

Introduction

Depuis 1998 la République Démocratique du Congo RDC (ou anciennement le

Carte du Congo

Carte du Congo

Zaïre) est le lieu de conflits interminables qui ont fait environ 5 millions morts selon OXFAM, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.

Cette catastrophe humanitaire se déroule dans l’indifférence totale. Les médias ne s’intéressent pas aux enjeux qui se déroulent dans cette région difficile d’accès, sans infrastructure et d’où on extrait des milliers de tonnes de minéraux à peu de frais au profits de grandes entreprises multinationales.

La situation actuelle (février 2010)

Un camp de réfugié au Kivu

Selon un communiqué de l’ONU, le 5 février 2010, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a fait part vendredi de sa préoccupation concernant les incursions de groupes armés dans des camps de déplacés dans les provinces du Nord et Sud Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Violence contre les travailleurs humanitaires

Ainsi, le 15 janvier, dans le Nord Kivu, des éléments armés ont pris possession d’un camion appartenant à une organisation humanitaire, l’ont utilisé pour une incursion dans le camp de déplacés de Muhanga (territoire de Masisi), et ont fait usage de la violence contre des travailleurs humanitaires pour voler leurs effets personnels. « Cet incident a interrompu la distribution de denrées non alimentaires », a souligné l’OCHA.

Meurtres et recrutement dans les camps de réfugier

Dans un incident séparé le 21 janvier dans le Nord Kivu, une incursion armée par des membres présumés des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) a eu lieu dans le camp de Nyange. Trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Selon des déplacés vivant dans le camp, l’incursion était destinée à recruter des hommes pour les forcer à travailler pour les FDLR.

Des milliers de civils fuient leur village pour se réfugier dans les camps

« Nous avons enregistré des déplacés nouvellement arrivés dans des camps situés autour de Kitchanga au nord-ouest de Goma. Cette toute dernière vague de déplacement porte le chiffre total de la population des camps à 116 000 déplacés internes », a dit un porte-parole du HCR.

Les milices armées violent, pillent et brûlent les maisons

Le gouvernement congolais a lancé plusieurs offensives en 2009 visant à neutraliser la milice des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cependant d’autres milices et groupes armés tirent avantage de cette situation en attaquant des civils, en pillant des biens, en commettant des viols et en brûlant des maisons.

Environ 2 000 000 de personnes dans l’Est du Kivu  ont fuit  leur demeure

Selon le HCR, on compte quelque 2,1 millions de déplacés internes au total

La population en fuite croise une colone de chars de l'armée en retraite.

dans l’est de la RDC, où la population locale fait régulièrement état de harcèlement, d’abus des droits de l’homme, de viols et d’intimidations menés à l’encontre des civils.

Pourquoi cette région si riche en ressources subit une telle violence ?

La situation actuelle démontre qu’une population civile vit à la merci de groupes armées. Cette région possède de grandes ressources naturelles et était considérée comme le grenier de la RDC car l’agriculture y est facile et les récoltes abondantes. L’insécurité causée par les groupes armés ne permet plus aux habitants de cultiver leurs terres. Le climat de terreur fait que les paysans fuient leurs village pour se réfugier dans des camps aménagé par l’aide humanitaire.

Pourquoi l’occident n’est pas informée sur cette situation, pourquoi un tel silence médiatique tandis que des milliers de tonnes de minerais est volé en RDC, tandis que des populations civiles subissent un régime de terreur, tandis qu’on exporte illégalement des armes dans cette région, tandis qu’une région autonome et exportatrice sur le plan alimentaire devient dépendant de l’aide alimentaire mondiale(dumping de denrée).

Origine de cette terreur interminable

En 1996, Laurent Désiré Kabila est à la tête de groupes armés soutenu par l’Ouganda et le nouveau pouvoir au Rwanda et il a comme objectif de prendre

Kagamé devient président du Rwanda en 1996, formé dans des écoles militaire aux États-Unis, il maîtrise l'art de la guerre et des affaires

la région de l’Est du Congo (Kivu) qui est très riche en minerais de toutes sorte (Coltan)..

En 1998, Laurent Désiré Kabila devient le nouveau président du Congo et il tente de réunifier les congolais. Il demande à ses anciens lieutenants, chef de groupes armées, de retourner en Ouganda et au Rwanda. Ces groupes armés ne partiront pas et prendront le contrôle de l’Est du Congo. De plus, plusieurs compagnies chinoises, américaines, françaises et anglaises écoulent leur stock d’arme dans cette région. Les négociants profitent de l’absence de pouvoir du gouvernement congolais et échangent le minerais contre des armes et un peu d’argent Les groupes armées instaurent un régime de terreur. La population civile en est la principale victime.

Dix années à appliquer la méthode de la terreur

Depuis 1998, les groupes armés de l’Est du Congo exercent un régime de terreur sur la population civile. Les pratiques meurtrières des anciens génocidaires du Rwanda, en fuite au Congo, contaminent les divers groupes armées. Les pratiques guerrières de ces milices s’exercent contre les populations civile.

Le viol comme arme de guerre

Le viol des femmes est pratiqué d’une façon systématique et est utilisé comme arme de guerre. Cette pratique s’exerce aussi de plus en plus sur les hommes, en 2009,  10% des victimes de viol serait des hommes. Il s’agit d’humilier, de dominer et de briser la victime. Selon l’ONU, 200 000 femmes ont été violées depuis 1996 dans la région du Kivu, soit une moyenne de 40 viols par jour pour une population équivalente à celle du Québec. Pour 2009, l’ONU estime que 8 000 femmes ont été violées dans l’Est du Congo.

Économie de guerre et corruption

Une économie de guerre a été imposée dans le Kivu. Depuis 1996, les armées rwandaises et ougandaise ont financé leur lutte en vidant les mines, les fermes et les banques de l’Est du Congo, ce qui a permis de financer le miracle économique du Rwanda et de l’Ouganda. Les armées rwandaise et ougandaise ont laissé la place en 2002 aux milices locale qui survivent grâce à l’exploitation illégale des mines, de la forêt et aux « impôts arbitraires » imposés aux populations locales.

Pour survivre, le population participe de plus en plus à ces échanges illégaux où la corruption et les liens d’intérêts mutuels deviennent une norme. La pauvreté et la misère engendré par la guerre oblige la population à survivre en travaillant et en participant à ce système de pillage. La RDC se vide de ses richesses naturelles au profits de ses voisins.

Des conditions humaines dégradantes : 5 000 000 de morts en 14 ans

Cette situation dégradante de la condition humaine aurait fait environ 5 000 000 de morts au cours des 14 dernières années. L’ONU est présente et des ONG tentent de soutenir la population , environ 6 000 000 de personnes pour le Nord et Sud Kivu.

Et si  cela arrivait au Québec…

Imaginez que des bandes armées contrôlent le Québec, que votre soeur est violée, que votre blonde est violée, que votre père a été assassiné d’une balle dans la tête devant vous car il s’opposait, que votre petit frère a été kidnappé pour devenir un enfant soldat et qu’un milicien ivre et dopé vous oblige au bout de son canon à travailler au pic et à la pelle à extraire de l’amiante. Quel serait votre réaction. Est-ce que vous souhaiteriez que quelqu’un intervienne?

Cela se passe en RDC depuis plus de 14 ans dans l’indifférence totale

La survie des enfants du Kivu dépend de l'aide alimentaire

La population lance des pierres sur un char de l'ONU dont la mission est de protéger la population civile.

Des combats violents entre rebelle et les forces gouvernementales détruisent les villages

Une part infime de rebelles, pillards et violeurs sont arrêtés.

Toujours des combats au Kivu

Kivu : les combats se poursuivent dans l’indifférence

Par Konex

Le 8 avril, la ville d’Uvira a été attaquée dans la matinée par des assaillants qui seraient venus du Burundi voisin. La cible de cette attaque est un centre de détention. Environ deux cents détenus auraient été libérés. Les combats auraient fait une douzaine de mort, dont une femme civil.

Victime de la violence de la guerre

Victime de la violence de la guerre

La ville d’Uvira est la deuxième plus grande ville de la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Les assaillants, qualifiés d’anciens Hutus génocidaires, seraient des membres de groupes armés violents qui utilisent les armes pour survivre dans cette région et tenter de reprendre un pouvoir et de répandre leur idéologie génocidaire.

De plus à Pinga au Nord du Kivu, ancienne place forte du commerce de minerais, la population demande également le renforcement des positions congolaises. Le soir, la majorité des villageois se réfugient devant la base de la MONUC afin d’y trouver une protection. La rumeur veut qu’une force de 1000 anciens hutus rwandais tente de reprendre leur position à Pinga et menace les civils.

Dans la région du Kivu, les forces combattantes hutues manquent de vivres et les soldats de l’armée nationale de la RDC n’ont pas été payés depuis trois mois et souffrent de la faim. Entre les combats, les soldats de toute allégeances tournent leurs armes vers les civils pour trouver à manger et ramasser quelques dollars ou objets de quelconque valeur.

Le pouvoir des armes et de l’argent du minerais parle dans cette région. L’absence d’assise politique solide profite aux vendeurs d’armes et à certaines compagnies. Mais les acteurs principaux, celui qui est devant le canon et celui qui est derrière, sont tous des africains.Désolation de la guerre

La solution ne peut que provenir de l’Afrique.

Par Konex